Trop cool pour Internet Explorer
Juil 11

Cet été nous sommes gâtés, puisque les deux géants de l’animation Pixar et Dreamworks sortent leur dernier film à quelques semaines d’intervalle. Vous remarquerez que je n’ai pas dit « leur dernier opus« . Je déteste qu’on dise « dernier opus« . C’est comme « au jour d’aujourd’hui » ou toutes ces expressions à la con qu’on utilise pour faire croire qu’on a du vocabulaire.

Bref, oyez oyez braves gens, car voici venus dans vos contrées Toy Story 3 et Shrek 4 ! Les plus observateurs auront remarqué qu’il s’agit de suites, comme le montre subtilement le chiffre, un peu comme les Retour vers le Futur 1,2 et 3, mais aucun rapport avec les rois de France. Mais je m’égare.

Première question : faut-il avoir vus les précédents films pour apprécier ceux-ci ? La réponse est oui. En fait, la réponse est oui à la question « faut-il avoir vu les précédents films ? » tout court. Si vous n’avez jamais vu un Toy Story ou un Shrek, vous n’avez rien à faire ici d’ailleurs, ouste.

Alors, qui du cow-boy ou de l’ogre aura vos faveurs ? Allez-vous profiter de la climatisation d’une salle de cinéma en compagnie d’un Monsieur Patate vivant ou d’un âne parlant ? Voici Toy Stroy VS Shrek, le match, un combat digne de Wrestlemania.

ROUND ONE : la technique

Les images de synthèse sont maintenant monnaie courante, et nos deux concurrents maîtrisent leur sujet. Que de chemin parcouru depuis le premier Toy Story, en 1995, où le choix des protagonistes s’était justement porté sur des jouets en plastique, faute de pouvoir recréer la texture de la peau humaine avec suffisamment de réalisme ! Les deux films sont magnifiques, l’animation parfaite.
J’ai eu la « chance » de les voir tous les deux en 3D. Ah la 3D ! Ou comment faire raquer le spectateur pour, au mieux, un effet de profondeur assez gadget, ou au pire, un mal de crâne et des yeux qui larmoient. En plus, les lunettes font mal au nez. J’ai quand même cru pendant les 5 premières minutes de Shrek que cette technique allait enfin être utilisée à bon escient, le temps d’une scène en calèche, mais en fait non.
Gadget inutile et anecdotique, je ne changerai pas d’avis sur la 3D.
ROUND ONE : EX AEQUO.

ROUND TWO : les personnages

Qu’ils soient issus d’un coffre à jouets ou d’un conte, les personnages des deux licences prennent racine dans notre enfance.
Au départ, Shrek a tout pour plaire : il est sale, il fait peur et, surtout, il est doublé par Mike Myers en VO et Alain Chabat en VF !!! Et puis il s’est assagi, s’est marié et est père de famille. C’est même le sujet principal de ce 4e épisode : Shrek s’ennuie, et se retrouve dans un monde parallèle où les événements du premier n’ont jamais eu lieu. Chic, il fait de nouveau peur aux villageois ! Il retrouve une Fiona chef de la Résistance face à la chasse aux ogres. J’ai adoré cette Fiona rebelle, hache à la main, terriblement sexy !!! Hélas ! avec le happy end revient la Fiona bobonne…
L’âne est toujours « Eddy Murphiesque », un peu relou quand même, Ti Biscuit est à peine entr’aperçu en gladiateur, le méchant est gonflant… le Chat Potté sauve le casting, retrouvant tout son panache malgré son embonpoint de chachat à sa mémère.
Conclusion : des personnages sympathiques mais sans réelle évolution.

Pour Woody le cow-boy, c’est plutôt l’inverse : jouet has been doublé par le toujours gentil Tom Hanks, rival puis meilleur ami du terriblement cool astronaute Buzz, il est le héros parfait, sans que son indéfectible loyauté ne vire au pathétique. Les acolytes d’antan sont toujours là : Jessie, Pile-Poil, Bayonne, Rex, Zig-zag, les Martiens… Mention spéciale à Monsieur et Madame Patate, dont les talents d’agent d’infiltration ne sont plus à démontrer ! Les nouveaux venus n’ont rien à leur envier : Ken et Barbie sont prodigieux, le méchant est aigri à souhait ; le film regorge de second rôles croustillants.
ROUND TWO : TOY STORY VAINQUEUR.

ROUND THREE : le dénouement

Les deux films ont en commun de raconter la fin d’une saga.
Shrek est donc passé du stade de vilain ogre solitaire au fond de son marais à celui de mari et père de famille épanoui. Car la morale de ce Shrek 4, c’est bien ça : il n’y a rien de mieux, même quand on est gros, vert et qu’on rote à table, qu’une maison avec femme, enfants et pote envahissant qui squatte à l’apéro. La parodie de conte de fée gentiment transgressive s’est finalement sagement rangée.
Comme je l’ai dit plus haut, difficile de ne pas (re)tomber sous le charme de la Fiona guerrière, celle qui dirige ses troupes et manie les armes. Pourquoi alors n’en reste t’il plus aucune trace quand le rideau final s’abaisse ? Pour un film qui voulait nous montrer ce qui se passe après « …et il vécurent heureux« , on y apprend rien d’autre que rien ne vaut la bonne vieille routine quotidienne. Et qu’une ogresse ne peut être sexy que quand elle est célibataire et en colère, mais pas quand elle est mariée et maman.

Du côté de Toy Story, les héros vivent aussi la fin d’une époque : Andy, « leur » enfant, a grandi et les voilà devenus inutiles. Par une suite de quiproquos, ils se retrouvent dans une garderie, à la merci d’odieux petits monstres en culottes courtes qui ne pensent qu’à les mâchouiller. La confrontation avec les autres jouets est tout simplement jouissive. Sans trop en raconter, je mentionnerai quand même la rencontre mythique entre Ken et Barbie, une partie de poker clandestine, une évasion à la tortilla, un poupon flippant et du flamenco.
La réussite de tous les films de Pixar tient à cet équilibre entre le rire et les larmes. Il est très difficile d’émouvoir sans écœurer, et le pari est gagné haut la main. La scène finale est magique, on parle bel et bien ici d’évolution et de transmission.
ROUND THREE : ÉCRASANTE VICTOIRE DE TOY STORY.

RÉSULTAT DU MATCH :
si Shrek 4 est un film sympathique, Toy Story 3 est un véritable chef d’œuvre !

J’ai d’autant plus été touchée qu’en tant que future maman je me demande ce que j’ai envie de transmettre à mon fils. Et je pense à ma poupée de chiffon Charlotte aux Fraises et à mon Kiki tout rêche et rapiécé qui attendent qu’on rejoue avec eux. Mais on va attendre qu’il ait passé l’âge de baver dessus, hein, promis !

écrit par Force Rose

2 réponses à “Toy Story VS Shrek”

  1. We love geeks * » Blog Archive » (Critique) Shrek 4 – Il était une fin de Mike Mitchell s'exprime :

    […] contrairement à d’autres critiques que j’ai lues, comme celle de Diraen ou celle de Force Rose, je ne l’ai pas perçue de la même façon. Je l’ai pris comme « Non, vous […]

  2. trader forex s'exprime :

    Je trouve que shrek s’adapte plus à un grand public contrairement à toy story que je trouve plus destiné aux enfants.

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